Parmi les temps forts qui ont marqué cette deuxième édition du Camp Climat 2026 en Côte d’Ivoire, la session d’exposition et de témoignages, baptisée « Session Mystica », s’est imposée comme le véritable cœur battant de la rencontre. Ce moment d’échange et de communion a mis en lumière la force, la résilience et la dignité des actrices de terrain venues de toute la sous-région.

Espace d’exposition haut en couleur, la « Session Mystica » a d’abord permis aux participantes de valoriser la richesse de leurs productions locales à travers plusieurs secteurs clés. A savoir, d’abord le secteur agricole, avec la mise en avant des cultures maraîchères et vivrières du terroir, véritables socles de l’alimentation locale.
Ensuite, le secteur halieutique, qui a mis en lumière les produits de la pêche ainsi que les savoir-faire traditionnels liés à leur transformation.
Enfin, l’artisanat, illustré par des créations locales authentiques témoignant de la créativité et de l’ingéniosité des femmes.

Au-delà de la vitrine économique, cette session a pris une tournure profondément militante lors des prises de parole face aux journalistes. Ivoiriennes, Burkinabès et Sénégalaises ont partagé des témoignages poignants sur la réalité des impacts dévastateurs des projets extractifs dans leurs communautés respectives.
Sans détour, ces gardiennes de la terre ont dénoncé les menaces directes qui pèsent sur leurs moyens de subsistance et leur économie locale, étouffés par la destruction des ressources nourricières. Elles n’ont pas manqué aussi de pointer du doigt le désastre social et environnemental survenu à l’avènement des mega-projets financés par la BAD. « Nous n’avons plus de poissons comme par le passé. Nos pêcheurs reviennent de la mer les pirogues vides après avoir parcouru plus de 100Km, loin des côtes. Donc nous alertons et dire que nous commençons à subir l’exploitation des énergies fossiles au Sénégal et partout en Afrique de l’ouest », a martelé Madame Fatou Samba, Présidente du Mouvement des femmes affectées par les projets de la BAD en Afrique de l’Ouest, et PCA de SynDev.

À travers cette « Session Mystica », les femmes d’Afrique de l’Ouest ont transformé leurs savoirs et leurs luttes en un vibrant plaidoyer, rappelant avec force leur rôle incontournable dans la justice climatique et la défense des biens communs.
Augustin Tapé, journaliste spécialisé en genre et Sauvegarde sociale à Abidjan










