Lors d’une MASTERCLASS en ligne, le Groupe de Plaidoyer pour une Gouvernance Électorale Inclusive appelle à passer de la présence des femmes à leur participation effective aux décisions

A l’initiative du Groupe de Plaidoyer pour une Gouvernance Électorale Inclusive, une Masterclass réunissant expertes et acteurs de la société civile s’est tenue à Abidjan, en ligne, le10 septembre 2026, pour exiger le passage d’une simple représentation féminine symbolique à une participation effective aux instances de décision électorale. Lire le compte rendu de cette activité tel que parvenu à la rédaction de zereinfos.com.

Faire de la participation des femmes un véritable levier de transformation de la gouvernance électorale : telle est l’ambition portée par le Groupe de Plaidoyer pour une Gouvernance Électorale Inclusive, qui rassemble plus de dix organisations et réseaux féminins présents sur toute l’étendue du territoire ivoirien, à l’initiative de Marie-Flore Begou, à travers la Masterclass « Femmes et Gouvernance Électorale », organisée autour du thème : « Gouvernance électorale : défis et enjeux de la participation des femmes en Côte d’Ivoire ».

Le Groupe de Plaidoyer a entamé ses activités dès le 23 juin 2026, soit environ un mois et demi après la dissolution de la CEI intervenue le 6 mai 2026. Depuis lors, il multiplie les initiatives : déclarations officielles, tribunes et articles d’opinion, ainsi que des audiences auprès des acteurs institutionnels et partenaires concernés, afin de porter sans relâche le plaidoyer pour une gouvernance électorale inclusive. La rencontre a réuni expertes, femmes engagées, acteurs de la société civile et invités spéciaux venus de Côte d’Ivoire, du Bénin, du Togo et de l’intérieur du pays.

Les échanges, facilités par Mme Da-do Noviekou, Analyste régionale Femmes, Jeunes, Paix et Sécurité au Département d’Alerte Précoce de WANEP Régional, qui en a assuré la modération, ont mis en lumière les enjeux liés à la représentation des femmes dans les organes de gestion des élections, et surtout la nécessité de passer d’une logique de présence à une véritable participation aux décisions, à l’influence et à l’exercice des responsabilités.

Dans son allocution, Marie-Flore Begou, initiatrice du Groupe de Plaidoyer, a rappelé que l’enjeu ne se limite plus à la présence numérique ou symbolique des femmes dans les institutions : il s’agit désormais de leur permettre d’y exercer pleinement leurs compétences, de porter leur voix, d’influencer les décisions et d’assumer des responsabilités.

Cette vision s’inscrit dans la volonté de contribuer à une gouvernance électorale plus représentative, plus juste et plus inclusive, notamment dans le contexte de la réflexion en cours sur le futur organe de gestion des élections.

Abordant les enjeux techniques et stratégiques de la gouvernance électorale, ,Mme Yoli Bi Marguerite, experte électorale, a souligné que « la gouvernance électorale est un travail à la fois technique et stratégique », appelant à mieux préparer les femmes à occuper des responsabilités au sein des organes électoraux par le renforcement de leurs compétences, de leur expertise et de leur capacité à participer aux processus de décision. La représentation des femmes ne saurait donc se réduire à une question de quota : elle doit également rimer avec expertise, influence et responsabilité.

Dans la même dynamique, « Aïssata Soumahoro a souligné que « les femmes dans les organes de gestion des élections sont un levier de renforcement de la participation politique des femmes et contribuent efficacement à l’inclusion des femmes dans la gouvernance locale », établissant ainsi un lien direct entre représentation dans les institutions électorales, participation politique et accès aux responsabilités dans les collectivités.

Les invités spéciaux ont salué l’initiative et encouragé le Groupe de Plaidoyer à maintenir une démarche alerte, mobilisée et proactive, insistant sur la nécessité de traduire les réflexions issues de la Masterclass en actions concrètes : suivi des recommandations, poursuite du plaidoyer et mobilisation des différents acteurs concernés.

Des recommandations pour passer de la présence à l’influence

Au terme des échanges, plusieurs recommandations prioritaires ont été formulées :

Mettre en place des politiques et mécanismes institutionnels définissant clairement la place et le rôle des femmes dans les instances de gouvernance électorale et les espaces de décision, afin que leur participation se traduise par une réelle capacité d’action et d’influence, au-delà d’une simple représentation numérique ;

Renforcer le leadership féminin par la formation, le coaching, le mentorat et l’accompagnement des femmes, pour consolider leurs compétences, leur confiance et leur aptitude à exercer pleinement des responsabilités ;

Assurer la transmission intergénérationnelle : les femmes ayant acquis de l’expérience sont appelées à transmettre leur savoir et à ouvrir des espaces permettant aux jeunes, notamment aux jeunes femmes, de révéler leur potentiel et de faire leurs preuves — la relève devant être perçue non comme une menace, mais comme une richesse et une force de transformation de la gouvernance ;

Veiller au respect effectif du quota de 30 %, avec l’ambition d’aller vers des objectifs plus élevés ;

Lever les obstacles institutionnels, politiques, sociaux et culturels qui limitent l’accès des femmes compétentes aux responsabilités, et renforcer le cadre légal ainsi que le plaidoyer auprès des partis politiques ;

Créer un répertoire des femmes compétentes et engagées, renforcer la solidarité entre femmes et mobiliser les hommes comme alliés stratégiques ;

Mettre en place un mécanisme permanent de suivi et d’évaluation, et développer une dynamique nationale et panafricaine pour mutualiser compétences, expériences et stratégies de plaidoyer.

De la parole à l’action

La Masterclass a fait émerger une conviction commune : il ne peut y avoir de démocratie pleinement inclusive sans participation effective des femmes aux instances de décision.

Pour le Groupe de Plaidoyer, l’enjeu est désormais de passer de la réflexion à l’action : former, unir, transmettre, oser, influencer, négocier, proposer et agir.

Cette dynamique repose sur une conviction forte : une gouvernance véritablement inclusive ne se construit pas seulement avec celles et ceux qui occupent aujourd’hui les espaces de décision ;

elle se construit aussi en transmettant l’expérience, en faisant confiance à la relève et en lui donnant les moyens de révéler pleinement son potentiel.

Avec cette Masterclass, le Groupe de Plaidoyer pour une Gouvernance Électorale Inclusive entend poursuivre sa mobilisation afin que les femmes ne soient plus seulement présentes dans les instances électorales, mais qu’elles puissent y exercer pleinement leur expertise, leur leadership et leur influence, au service d’une gouvernance électorale ivoirienne plus représentative, plus juste et véritablement inclusive.

Groupe de Plaidoyer pour une Gouvernance Électorale Inclusive — Abidjan, Côte d’Ivoire

Le titre est de Tapé Augustin, journaliste spécialisé en genre

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *