Face aux problèmes de sécurité qui reviennent souvent en Afrique de l’Ouest et au Sahel, la réponse militaire ne suffit plus. L’autonomisation économique des populations vulnérables devient maintenant une barrière essentielle.
Ce constat a été fait, ce lundi 28 septembre, à Abidjan lors de l’ouverture de la Semaine régionale consacrée à la paix, à la sécurité et à la résilience économique. Organisées au siège de la Banque africaine de développement (BAD) jusqu’au 3 octobre, ces réunions de haut niveau veulent relier deux leviers souvent séparés. Il s’agit de la stabilité sécuritaire et du développement socio-économique. Elles mettent les femmes et les jeunes au centre des actions de prévention des crises.
C’est justement en cela que la création du Groupe de Travail s’inscrit dans la mise en œuvre effective de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité. Devenue une véritable « plateforme régionale de dialogue, de solidarité et d’action collective », l’organisation, selon Me Genevieve Diallo Sissoko, présidente de la Représentation du Groupe de Travail en Côte d’Ivoire et de REPSFECO-CI, s’appuie sur une conviction profonde : les femmes et les jeunes ne sont pas de simples victimes, mais des « acteurs essentiels » de la prévention des crises et de la reconstruction sociétale. Leur participation « pleine, effective et significative » aux décisions est une priorité.
A en croire Me Genevieve Diallo Sissoko, offrir des ressources aux femmes et des opportunités aux jeunes est la condition sine qua non pour transformer un jeune vulnérable en un « bâtisseur de paix ». Pour faire face aux défis régionaux, la clé réside dans la capacité collective à « agir ensemble » afin de mener des actions « plus ambitieuses, plus inclusives et plus transformatrices » pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, a appelé la présidente de la Représentation du Groupe de Travail en Côte d’Ivoire.
L’emploi comme bouclier contre l’extrémisme
La rencontre, placée sous le thème « De la résilience économique à la consolidation durable de la paix et de la sécurité », marque un changement important dans la façon de penser. Pour les personnalités qui se sont succédé à la tribune, lutter contre l’insécurité demande d’agir à la source du problème. Proposant ainsi des solutions concrètes à la précarité : accès au financement, programmes de formation ciblés, création d’emplois et renforcement de la cohésion sociale. Cette approche vise d’abord les zones frontalières et vulnérables. Ces zones sont particulièrement exposées à la fuite des services publics, au chômage de masse et aux déplacements forcés de populations.
Cette situation crée un terrain propice au recrutement par les groupes armés et extrémistes. C’est pourquoi la ministre de la Femme, la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré a réaffirmé l’engagement du gouvernement à passer de la réflexion à l’action. « Mesdames et Messieurs, Abidjan doit faire entendre au terme de cette semaine une conviction simple et forte. La paix durable commence là où recule l’exclusion, la vulnérabilité et le désespoir. Elle grandit là où progresse l’autonomie, l’opportunité, la dignité et l’expérience. C’est cette perspective que nous devons porter depuis Abidjan. C’est cet engagement que nous devons prendre devant les femmes et les jeunes de notre région », a indiqué la ministre.
Vers des engagements financiers concrets
Pour éviter de tomber dans de simples déclarations de principe, les travaux de cette semaine régionale doivent aboutir à des résultats concrets, selon les intervenants à l’ouverture des travaux. Il s’agit d’un Appel d’Abidjan, des Engagements d’Abidjan et d’un Pacte des partenaires pour la résilience économique des femmes et des jeunes. Ces actions seront soutenues par un suivi strict et des fonds dédiés pour garantir leur mise en place sur le terrain.
Augustin Tapé











