Au cœur du combat de Nicole Anougbré contre les violences de genre

Présidente de la Plateforme des Acteurs Non Étatiques pour le Développement (PANED), Adjoua Nicole Anougbré parcourt les communautés dans le cadre du projet #MoussoDjidji. Entre écoute active, sensibilisation et orientation vers les services de protection, immersion dans le quotidien d’une figure engagée pour la dignité des femmes.

​Au quotidien, les journées d’Adjoua Nicole Anougbré ne connaissent guère de répit. Sur le terrain, l’actrice communautaire enchaîne les focus groups et les sessions de sensibilisation axées sur deux leviers majeurs : la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et la promotion de la masculinité positive.

​Ce travail de proximité va bien au-delà du simple discours. À l’issue de chaque intervention, Mme Anougbré identifie les victimes et procède, si nécessaire, à leur référencement vers les centres sociaux de leurs quartiers pour une prise en charge adaptée.

​L’autonomisation économique comme rempart

​Face aux réalités du terrain, la présidente de la PANED dresse un constat sans appel : la dépendance financière constitue l’un des principaux freins qui empêchent les survivantes de se extirper des cycles de violences. Une observation qui renforce sa conviction quant à la nécessité d’un accompagnement global, combinant soutien économique, solutions d’hébergement d’urgence et accès garanti aux services de protection.

​Malgré la lourdeur des situations rencontrées, des signaux encourageants émergent. Mme Anougbré observe des évolutions notables au sein des foyers, où certains hommes amorcent un changement de comportement en s’impliquant davantage dans le partage des responsabilités domestiques et en favorisant le dialogue conjugal.

​Une transformation humaine

​Au-delà de son impact social, cet engagement a profondément transformé la praticienne elle-même.

​« Ce projet a changé ma perception des survivantes. Je ne les juge plus. J’ai appris à écouter activement, à comprendre leur vécu et à les accompagner avec plus d’impartialité et d’empathie », confie Nicole Anougbré.

​Soutenu et financé par l’Union européenne en Côte d’Ivoire, le projet Mousso Djidji continue ainsi d’allier réponse institutionnelle et action de proximité pour faire reculer durablement les violences faites aux femmes.

Augustin Tapé, journaliste spécialisé en genre

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