Malgré des avancées notables saluées par l’Unicef, la situation nutritionnelle des jeunes enfants en Côte d’Ivoire reste un sujet de vive préoccupation. C’est le constat dressé par Mariana Stirbu, représentante adjointe de l’Unicef dans le pays, lors de l’atelier national de co-création de la campagne régionale « Une cuillerée de plus », organisé les 20 et 21 octobre derniers à Abidjan par le Bureau de la coordination du Conseil national pour l’alimentation et la nutrition (Bc-Conanut), en collaboration avec l’organisation onusienne.
Si le pays bénéficie d’acquis importants, notamment à travers le Child Nutrition Fund , les obstacles structurels demeurent considérables. Selon les données chiffrées partagées lors de l’ouverture des travaux, près de 79 % des enfants ivoiriens ne profitent pas d’une alimentation diversifiée. De plus, 39,2 % d’entre eux consomment des produits jugés malsains, un phénomène particulièrement prononcé en milieu urbain. Enfin, seuls quatre enfants sur dix âgés de 6 à 23 mois atteignent le seuil recommandé de consommation d’au moins cinq des huit groupes d’aliments indispensables à leur croissance et à leur développement cognitif.
S’exprimant devant les parties prenantes, Mariana Stirbu a insisté sur le caractère crucial de la tranche d’âge de 6 à 23 mois, qualifiée de décisive pour l’avenir de l’enfant. Cet atelier de co-création, ancré sur des recherches de terrain menées à Gonzagueville, Soubré et Boundiali, vise à opérationnaliser le troisième pilier de l’initiative First Foods Africa. L’ambition affichée est double : stimuler la demande en aliments sains, nutritifs et abordables, tout en rendant les produits locaux plus désirables et accessibles dans les habitudes familiales.
Durant ces deux jours de concertation, les participants ont eu pour mission d’analyser les parcours alimentaires des ménages, d’identifier les freins à la consommation de produits nutritifs sains et d’ajuster les messages de communication aux diverses réalités socioculturelles de la Côte d’Ivoire. En clôturant les travaux, l’Unicef a réitéré son engagement indéfectible aux côtés du Bc-Conanut. L’objectif final est de transformer cette réflexion collective en un puissant levier de changement comportemental pour garantir un avenir meilleur à la petite enfance ivoirienne.
Augustin Tapé












