[La Tribune du Yafohi] – Un maitre, ça se respecte ! N°_ 48_février_2021

Publié le 03/02/2021 à 05:54

Quand j’étais en première année du cours préparatoire (CP1), un jour, je fis une bêtise qui me valut une copieuse correction de la part de mon maître. Monsieur Touré me tapa si fort sur les doigts avec une règle en fer, que j'eus le pouce enflé. La douleur était intenable. Je pleurai toutes les larmes de mon corps. Le soir, mon père constata les faits. Il se mit dans une colère noire et résolu de régler les comptes à ce maître. Le lendemain matin, doigt bandé, cartable au dos, torse bombé, je suivais fièrement mon père. « Papa héros », « papa Zorro », qui allait « laver l’affront » que m’avait affligé ce tyran d’instituteur.
Arrivé à l’école, je restai planté devant la porte comme un piquet, pendant que mon père furieux fonçait tout droit vers le bureau du maître. Au fil des échanges, son visage se clairsemait comme un orage qui passe. Pis, un rictus amusé s’installa sur sa face. Mon cœur « dansait la camarera », battait à rompre. À la fin de leur conversation, les deux adultes se serrent chaleureusement les mains. C’était comme si mon géniteur venait de conclure « un pacte avec le diable ». Lorsqu’il arriva à mon niveau, papa me gifla si fort que je tombais à la renverse. Le comble, c’est quand il se retourna et dit : « Monsieur Touré, s’il reprend ce qu’il a fait, casser lui les deux bras. C’est moi qui le soigne ». J’étais perdu, ahuri. Je me sentais trahi. On peut faire ça à son propre enfant ?
Omar Sy, acteur franco-sénégalais disait : « Un papa, ça fabrique des souvenirs. » Le mien en avait fait. Et c’était pyrogravé dans ma conscience. J’ai appris à mes dépens « qu’un maître, ça se respecte ! ». De nos jours, les choses sont sans dessus dessous. Le mythe autour du maître a disparu. C'est l'élève qui le bat. C'est lui qui l’évalue. C’est au maître qu’on demande des comptes. C’est lui qu'on prend au collet. C’est le maître qu’on menace, qu’on met un fusil à la tempe ou un couteau à la gorge.
Avant, recevoir un zéro d’un professeur ou être privé de cours était une grande humiliation. Aujourd'hui, mettez un élève dehors pour inconduite, c'est avec joie qu'il rentrera dans le premier bar mitoyen de l'établissement pour boire une bière fraîche à votre santé. L’école n’est plus le temple du savoir, mais un laboratoire d'insécurité. La discipline a foutu le camp, le niveau scolaire aussi.
Nelson Mandela affirme : « L'éducation est l'arme la plus puissante que l'on puisse utiliser pour changer le monde ». Hélas ! Cette arme est en train de se retourner contre nous pour abattre notre civilisation si rien n’est fait. Et si on redonnait à l’école ses lettres de noblesses ? Et si on remettait l’école dans son contexte originel : la formation de l’élite ? Et si on redonnait au maître sa valeur ?
Cette expérience que je vécus, fut certes traumatisante. Mais elle eut le mérite de m’apprendre qu’on peut jouer avec tout, partout, sauf à l’école et avec l’école.
Je suis Aboua Ahiwa
J’aime l’école
Je veux la discipline !

Commentaires:

Mohammed Hassan (08/02/2021 à 16:15)

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