Représentation des femmes dans les assemblées élues : L’AFJCI dénonce la non-application de la loi par l’ensemble des partis politiques

Publié le 21/02/2021 à 00:02

Face à la presse, le jeudi 18 février 2021, à son siège à Abidjan, la présidente du Conseil d’Administration de l’Association des Femmes Juristes de Côte d’Ivoire(AFJCI), organisation de promotion et de protection des droits de la femme et de l’enfant en Côte d’Ivoire, s’est prononcée sur l’application de loi relative à la représentation des femmes dans les assemblées élues dans le cadre des élections législatives du 06 mars 2021.
Au nom de l’AFJCI, Simone ASSA-AKOH, Avocat-Médiateur a indiqué avoir accueilli avec intérêt l’adoption de la loi n°2019-870 du 14 Octobre 2019 favorisant la représentation des femmes dans les assemblées élues et son décret n°2020-941 du 25 Novembre 2020 portant modalités d’application. « Ces dispositions constituent une avancée majeure de la Côte d’Ivoire dans la prise en compte du genre dans les processus électoraux », a relevé Simone ASSA-AKOH.
Selon la présidente du Conseil d’Administration, L’AFJCI a suivi le dépôt des listes de candidatures soumises par les partis politiques, coalitions et groupements auprès de la Commission Electorale Indépendante (CEI).Ceci, à l’instar de plusieurs organisations de la société civile, dans l’optique de veiller à l’application de cette loi.
Au regard de la publication de ces listes et des données publiées par le Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), L’AFJCI « note avec regret qu’aucune liste présentée par les partis politiques, coalitions et groupements, ne respecte le quota de 30% de représentation de femmes sur les listes tel que prévu par la loi n° 2019-870 du 14 Octobre 2019.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La preuve, le RHDP, sur un total de 255 candidats, présente 40 candidates titulaires soit 15,68% et 36 candidates suppléantes soit 14,17%.Quant au PDCI-RDA, sur un total de 46 candidats, présente 04 candidates titulaires soit à 08,70% et 05 candidates suppléantes soit 10, 87%.
« L’AFJCI dénonce de ce fait, la non- application de la loi par l’ensemble des partis politiques », a indiqué Simone ASSA-AKOH.
C’est pourquoi l’AFJCI a saisi l’occasion pour interpeller la Commission Electorale Indépendante (CEI) sur son rôle de contrôle de l’effectivité de l’application de la loi sur la représentation des femmes dans les assemblées élues et du code électoral, par les partis et groupements politiques de Côte d’Ivoire, et ce conformément aux articles Article 5 qui oblige, au dépôt du dossier de candidatures, tout parti ou groupement politique doit fournir à la commission chargée des élections, des informations écrites sur le respect des dispositions du décret n°2020-941 du 25 Novembre 2020. Et Article 78 du code électoral qui indique clairement que pour les circonscriptions de plus de deux sièges, les listes doivent comporter au moins trente pour cent (30%) de candidatures féminines. Aucune liste de candidature à l'élection des députés pour les circonscriptions de plus de deux sièges, ne peut être acceptée, si elle ne comporte au moins trente pour cent (30%) de candidatures féminines’’.
Aussi, l’AFJCI n’a pas manqué d’attirer l’attention du Conseil Constitutionnel, qui a l’opportunité du contrôle de la régularité des opérations liées à l’élection des députés du 06 Mars 2021, tel que le prévoit l’article 51 alinéa 4 du code électoral.
Au terme de son propos, l’AFJCI, qui marque son engagement à œuvrer efficacement à une présence égalitaire des femmes à la vie politique et leur représentation dans les sphères décisionnelles, a fait plusieurs recommandations.
Elle a appelé le Gouvernement ivoirien, les Institutions de la République et les Partenaires techniques et financiers en charge de la promotion et la protection des droits des femmes, à veiller à l’application de la loi sur la représentation des femmes dans les assemblées élues.
Quant aux partis politiques, groupements et coalitions politiques, il leur a été recommandé de s’approprier cette loi et d’inclure les femmes dans les instances politiques internes.
Aux femmes, elles ont été encouragées à faire valoir leurs droits pour contribuer efficacement à faire cesser les stéréotypes qui tendent à reléguer les femmes au second plan et briser le silence face à tous les abus dont elles sont victimes.

Augustin Tapé, journaliste sensible au Genre et aux Droits humains

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