[La Tribune du Yafohi] N°49 _Spécial_février_2021–Monsieur le Dé-bi-té !

Publié le 03/03/2021 à 08:54

Honorable,
Je vous prie de bien vouloir excuser le ton direct et l’absence de formules de politesse qu’exige une correspondance normale. Il y a cinq ans de cela vous sollicitiez notre suffrage pour l’hémicycle. Les mauvaises langues disent toujours que le Parlement est le lieu où on « parle » et on « ment ». Ils soutiennent que ceux qui y sont, non seulement « parlent », « mentent » mais se « taisent » quand il s’agit de défendre nos droits. C’est pourquoi vous appelle « Parle-men-taires ».

Votre rôle est de représenter la nation ; participer à l'exercice de la souveraineté nationale, voter les lois et contrôler l'action Gouvernementale. Mais vous vous êtes arrogé des compétences qui ne sont pas les vôtres et abuser de la naïveté de vos concitoyens. Au nom de la fraternité, du parti, de la religion et de la région, nous vous avons voté. Le vieil adage dit : « C’est lorsque le pauvre réussi qu’on voit son vrai visage ». Et ce n’est pas faux. Depuis votre élection, les amarres avec la « base » ont été rompues. C’est la croix et la bannière pour obtenir un rendez-vous. Les murs de votre clôture se sont surélevés. Vos chiens de garde sont de plus en plus nombreux. Votre téléphone, dont nous n’avons pas le numéro, est toujours fermé.

En cinq ans, nous vous avons aperçu que deux fois seulement. La première fois au décès du père de Sapoua, militant de premières heures. Vous avez fait la promesse ferme de lui faire des funérailles dignes de son rang. Honorable, l’enveloppe promise est arrivée, mais en monnaie de singe. La seconde occasion, c’était à la pose de la première pierre de l’école du village. Là aussi, vous avez pris l’engagement avec vos partenaires imaginaires de bâtir un lycée d’excellence. Avec le temps, les briques se sont effritées. Les tôles rouillées. La fondation a disparu sous l’effet de l’érosion.

Garant moral, vous êtes resté muet comme une carpe devant les nombreux scandales qui ont défrayé la chronique. Votre silence abyssal nous a édifiées. Votre flagrant parti-pris et votre sens profond de la morale nous ont instruits. Vous légiférez sans vous référer à vos mandataires qui sont les populations, encore moins leur expliquer le contenu des lois que vous votez. Vous avez même fait passer des lois impopulaires qui ont failli brûler le village.

On comprend, c’est la volonté d’assurer votre retraite qui a instillé votre posture. Monsieur le Député, nous ne sommes pas que déçu de vous mais « dé-bi-té ! ». Votre mandat s’achève aujourd’hui. Nos illusions aussi. Je ne suis pas rancunier. Mais le rendez-vous est pris dans les urnes dans quelques jours.

À tantôt !

Je suis Aboua Ahiwa
Je suis débité !!
Par mon Dé-pu-té !!
#électionlégislative
#député

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