
« L’objectif, c’est que dans toutes les mairies, dans toutes les collectivités locales, on puisse avoir une ligne budgétaire dédiée pour des actions de prévention et de lutte contre les VBG », tels sont les propos de Kadi Tanou, présidente de Leadafricaines, lors d’un atelier stratégique de co-construction, le 17 septembre 2026 à son siège. Un atelier qui a rassemblé des membres du Collectif des Activistes de Côte d’Ivoire (CACI) et ONG spécialisées, des cadres institutionnels et experts en finances publiques locales et budget sensible au genre.
Il s’agit en effet, pour les organisations Leadafricaines et PsyTrotter, appuyées par le programme Voix Essentielles, de mobiliser les acteurs institutionnels et la société civile pour institutionnaliser la réponse financière locale.
Force est de constater que malgré les efforts étatiques et associatifs, l’action des mairies et conseils régionaux reste bridée par l’absence de ligne budgétaire spécifiquement allouée aux VBG. D’où l’idée de valider une note de plaidoyer destinée à l’Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI) afin d’imposer un financement pérenne de la prévention et de la prise en charge des survivantes au niveau municipal.
Pour Kadi Tanou, l’enjeu est désormais de passer des promesses aux actes concrets. Des courriers ont ainsi été envoyés pour initier un plaidoyer afin d’accompagner durablement les collectivités territoriales. Kadi Tanou souligne par ailleurs qu’il s’agit de capitaliser sur les initiatives déjà existantes au sein de certaines municipalités à travers des séances de travail et un partage de bonnes pratiques.

À l’issue des travaux de groupes et des sessions de restitution, les participants et participantes produiront une version consolidée de la note de plaidoyer et un document de synthèse des recommandations à l’attention des décideurs locaux.
« Après cet atelier, il y aura le draft que nous allons rédiger. C’est vraiment une première étape de travail entre organisations, travaillant sur la thématique pour essayer de sortir quelque chose qui va nous servir de substance déjà pour animer les premières rencontres de plaidoyers qu’on va avoir avec l’UVICOCI », a indiqué la présidente de Leadafricaines qui entend franchir un nouveau cap dans la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG), en ciblant directement les budgets des collectivités locales. Cela, face à des chiffres alarmants, 10 747 cas pris en charge en 2025, dont 841 viols, 2 154 agressions physiques et 2 212 violences psychologiques selon le Ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant.
Augustin Tapé, journaliste spécialisé en genre et sauvegardes sociales












