Érosion côtière et aménagement en Côte d’Ivoire : l’alarme des experts réunis à l’Université Félix Houphouët-Boigny

Face aux menaces croissantes qui pèsent sur les 566 kilomètres du littoral ivoirien, l’Académie des Sciences, des Arts, de la Culture d’Afrique et des Diasporas Africaines (ASCAD) a placé la gestion des risques côtiers au cœur d’une conférence publique, ce mercredi 16 septembre 2026, à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody.

Réunissant chercheurs, autorités universitaires et acteurs institutionnels autour du thème « Du bilan de la mobilité du trait de côte à la gestion des risques côtiers en Côte d’Ivoire : diagnostic géomorphologique, enjeux sociétaux et réponses d’aménagement », cette rencontre a permis de dresser un état des lieux alarmant mais constructif de la frange littorale du pays.

Une géographie contrastée et une fragilité marquée à l’est

Dans son intervention inaugurale, le professeur Hauhouot Asseypo Célestin, géographe physique à l’Institut de Géographie Tropicale, a rappelé la dualité du littoral national. Si la partie occidentale séduit par ses plateaux rocheux, ses falaises et sa biodiversité (mangroves et lagunes), la portion située à l’est de Fresco présente un visage autrement plus vulnérable. Composée de de longs cordons de sable, cette zone subit de plein fouet une fragilité géomorphologique naturelle, exacerbée par l’action humaine : urbanisation galopante, tourisme intensif et extraction anarchique de sable menacent directement les habitats et les écosystèmes.

La science au service de l’action publique

Représentant le président de l’université et parrain de l’événement, le professeur Monsan Vincent a rappelé qu’un littoral ne se résume pas à une simple frontière géographique. « C’est un espace de vie, un poumon économique, un patrimoine culturel et environnemental précieux », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité d’appuyer les politiques publiques sur des diagnostics scientifiques rigoureux.

Abondant dans le même sens, le professeur Konandri Affoué Virginie, Secrétaire d’Académie à l’ASCAD, a invité à percevoir le littoral non plus seulement comme un espace récréatif, mais comme un écosystème menacé nécessitant une synergie d’actions entre la recherche, les collectivités locales et les savoirs traditionnels. À l’heure où l’érosion côtière met en péril des communautés entières, l’urgence est désormais à la mise en place de réponses d’aménagement durables et concertées.

A T

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