Les 18 et 19 septembre 2026, la préfecture de Jacqueville a accueilli un atelier de renforcement juridique et de clarification des valeurs destiné à 15 professionnels de santé de l’Établissement public hospitalier départemental (EPHD) local.
Organisée par l’Organisation pour la Santé de la Femme (ORAF) et sous le lead partagé de l’initiative Actuelles, cette session vise à lever les verrous entourant l’interruption volontaire de grossesse (IVG) légale. Malgré la réforme de 2024 de l’article 427 nouveau du Code pénal, qui a élargi les motifs d’autorisation au viol, à l’inceste et aux risques pour la santé physique ou mentale , le parcours légal reste méconnu et complexe, tant pour les victimes que pour le personnel médical.
Clarifier le cadre légal et déconstruire les stéréotypes
En Côte d’Ivoire, les enquêtes de santé (PMA2020) évaluent jusqu’à 230 000 le nombre d’avortements pratiqués chaque année, dont près de deux tiers se déroulent dans des conditions à risque. Face à ce problème majeur de santé publique, les soignants constituent la première porte d’entrée pour les femmes vulnérables et les victimes de violences sexuelles.

Durant deux jours, les participants ont analysé les textes de loi, le code de déontologie et les politiques de délégation des tâches, tout en abordant les garanties juridiques qui encadrent leur pratique. L’atelier a également permis d’interroger les convictions personnelles de chacun pour garantir une prise en charge sans jugement, notamment auprès des mineures, des personnes en situation de handicap ou sous régime de protection.
Un relais sanitaire et institutionnel renforcé

Soutenue par le Secrétaire général de la préfecture et le district sanitaire, cette initiative s’inscrit dans le prolongement des campagnes nationales de sensibilisation, à l’image de la campagne « Parce que tu comptes » lancée en 2024.
Outre les questions de consentement et de protection juridique, les discussions ont permis de préciser les contours de l’objection de conscience, rappelant que celle-ci ne doit en aucun cas constituer un obstacle à l’accès aux soins d’urgence. Forts de cette formation, les 15 professionnels de santé de Jacqueville deviennent désormais des relais au sein de leurs services pour promouvoir un accès sécurisé et légal à l’avortement.
Augustin Tapé, journaliste spécialisé en genre










