Les savoirs culinaires ancestraux d’Afrique de l’Ouest recèlent-ils des trésors thérapeutiques pour la médecine moderne ? Une récente étude scientifique ivoirienne menée par le Dr KOUAMÉ Brou Appolinaire apporte un éclairage prometteur sur le sujet. Enseignant-chercheur à l’Unité de formation et de recherche (UFR) des Sciences médicales de l’Université Alassane Ouattara de Bouaké, le chercheur a soutenu le mercredi 28 octobre sa thèse de doctorat consacrée à l’« Adaptation physiologique induite par la consommation régulière du soumara ».
Présidé par le Pr Bourhaïma OUATTARA, doyen de l’UFR, le jury de six membres a récompensé ce travail de 158 pages de la mention « Très honorable avec les félicitations du jury ».
Les travaux, dirigés par le Pr Dah Cyrille Serge et codirigés par le Pr Adoubi Kassi Anicet, se sont penchés sur les vertus cardiovasculaires du Soumara Lafri (ou soumbala), ce condiment traditionnel obtenu par la fermentation des graines de néré (Parkia biglobosa).
L’étude s’est attachée à évaluer l’impact d’un apport régulier en soumara sur plusieurs constantes physiologiques et biologiques. Les conclusions scientifiques préliminaires révèlent des effets encourageants sur le plan clinique. En effet, une baisse mesurable de la pression artérielle a été observée après 28 et 56 jours de consommation continue, accompagnée d’une diminution de la fréquence cardiaque.
Sur le plan biologique, les analyses démontrent que la consommation du condiment entraîne une hausse significative des concentrations sanguines en potassium et en magnésium. Ces deux minéraux jouent un rôle essentiel dans la régulation de la tension et le bon fonctionnement du système circulatoire.
Si ces résultats offrent de nouvelles perspectives pour la valorisation du patrimoine alimentaire africain dans la prévention médicale, l’auteur de l’étude invite toutefois à la retenue. Le Dr KOUAMÉ rappelle que le soumara ne saurait se substituer à un traitement médical contre l’hypertension artérielle. Cette étude pilote devra ainsi faire l’objet de travaux complémentaires avant d’envisager des applications cliniques à plus grande échelle.
A.T












