Réforme électorale en Côte d’Ivoire : Plus de 2000 organisations de la société civile demandent à être entendues par les autorités et le Parlement.

Sept mois après la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI), la société civile ivoirienne refuse que la réforme se fasse sans elle. Réunie aux Terrasses de Bonoumin, ce mercredi 28 octobre 2026, la plateforme des organisations de la société civile, qui rassemble 24 faîtières représentant plus de 2000 organisations de la société civile, a présenté, au cours d’une conférence de presse, son dossier technique accompagnant son Livret Blanc sur le futur organe de gestion électorale. Elle plaide pour un dialogue approfondi avec le Gouvernement et un passage devant l’Assemblée Nationale et le Sénat.
Un travail engagé depuis mai 2026
Cette démarche prolonge le Livret blanc, présenté le 3 juillet 2026 après les observations des scrutins de 2025. Selon la Synergie, plus de cinquante courriers ont été adressés aux institutions. Certains ont débouché sur des prises de contact, mais aucun cadre d’examen approfondi n’a encore été ouvert. « Une concertation utile ne consiste pas seulement à recueillir des avis », insiste-t-elle.
Trois pôles et neuf experts
Le dossier propose de séparer les fonctions. Une Commission électorale d’experts (CEE) réglerait et trancherait. Un Département général du fichier électoral (DGFE) gérerait le fichier en continu. Un Département général de l’éducation civique et électorale (DGECE) informerait les citoyens toute l’année.
La CEE compterait neuf membres siégeant à titre personnel, choisis après auditions publiques sur une grille de cent points. Leur mandat de six ans ne serait pas renouvelable, et les décisions sensibles exigeraient une majorité de six voix sur neuf, avec motivation écrite. « La force de notre proposition est de substituer la garantie des règles à la seule confiance dans les personnes », ont soutenu les porte-parole.
Protéger l’électeur, rendre les résultats vérifiables
La Synergie veut mettre fin aux radiations automatiques. Toute modification défavorable supposerait une vérification humaine et une notification individuelle, suivie d’un préavis contradictoire de trente jours. Le jour du scrutin, un électeur inscrit et muni de sa pièce ne pourrait être écarté pour une défaillance technique de la tablette d’émargement.
Les procès-verbaux seraient numérisés, authentifiés, archivés puis publiés bureau de vote par bureau de vote, afin que chacun puisse rapprocher la somme des bureaux du total proclamé. Le fichier serait gelé de J-90 à J+30.
Un enjeu d’inclusion
Les chiffres cités reposent sur les données officielles de l’ANStat et de la CEI. Pour 14,43 millions d’adultes ivoiriens résidents en 2025, la liste électorale définitive compte 8 727 431 inscrits, soit plus de 5,8 millions de majeurs non-inscrits. Les 18-34 ans, qui représentent 55,7 % des adultes, ne pèsent que 25,22 % des inscrits. La Synergie propose une inscription permanente, des audiences foraines d’état civil et une passerelle sécurisée avec l’ONECI.
Deux textes proposés aux Parlementaires pour leur appropriation
Deux propositions de lois, ouvertes aux amendements, accompagnent le dossier : une loi ordinaire de 50 articles sur l’interopérabilité des registres, et une loi organique de 42 articles sur l’organe électoral. Un calendrier progressif de 2026 à 2028 prévoit le dialogue législatif, des pilotes en 2027, puis un audit indépendant.
Trois attentes
Les organisations sollicitent :
• un échange approfondi avec les autorités chargées de la réforme ;
• la possibilité de présenter leurs travaux aux commissions parlementaires compétentes ;
• une information publique claire sur les orientations retenues.
« La réforme électorale ne saurait être une affaire réservée aux seuls acteurs de la compétition politique », rappelle la Synergie, qui se dit disponible pour le dialogue approfondi.
Rappel : la synergie a débuté avec 1780 OSC. À ce jour, plus de 2000 OSC, regroupées au sein de 24 faîtières, forment cette plateforme.
Source: Service Communication du RASALAO-CI

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