
La rédaction de Zereinfos a reçu, ce dimanche 2 Août, copie de la déclaration de L’ONG OPINION ÉCLAIREE portant sur la persistance de l’orpaillage illégal qui affectant gravement l’environnement et la sécurité. Au regard des » femmes rurales ‘’, impactées par le fléau, l’ONG appelle les autorités à intégrer une analyse féministe dans les politiques environnementales, à prioriser la réparation pour les communautés affectées et à garantir la participation des femmes aux décisions pour une véritable justice climatique.
L’Ong Opinion Eclairée L’ONG Opinion Éclairée, faut-il le rappeler, est une organisation féministe intersectionnelle ivoirienne engagée depuis 2019 pour la promotion de la justice de genre et l’égalité, des agendas femme, jeune, paix et sécurité, de la gouvernance démocratique, de la justice sociale et climatique et de l’accès à l’information. Sa vision est d’aboutir à une Côte d’Ivoire et une Afrique où les femmes, les filles et les jeunes jouissent des ressources de manière équitable et inclusive et vivent en paix grâce à la transparence du débat public.
Lire l’intégralité de la déclaration signée de la présidente De Laure Nesmon PIE.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Abidjan, le 2 août 2026
ORPAILLAGE ILLEGAL : L’ONG OPINION ÉCLAIREE APPELLE A UNE JUSTICE CLIMATIQUE FEMINISTE
Le 23 juillet 2026, le Conseil National de Sécurité de la Côte d’Ivoire a salué les résultats obtenus dans la lutte contre l’orpaillage illégal, grâce aux actions du Groupement Spécial de Lutte contre l’Orpaillage Illégal (GS-LOI), créé en 2021. Entre 2021 et le premier semestre 2026, le GS-LOI a permis le déguerpissement de plus de 8 500 sites d’orpaillage illégal, le défèrement de 4 474 individus (65 % d’étrangers), ainsi que la saisie de plus de 960 millions de francs CFA et d’environ 136 kilogrammes d’or. De plus, divers engins et matériels utilisés pour ces activités illicites ont été confisqués et détruits.
Malgré ces efforts considérables, le Conseil National de Sécurité a exprimé sa préoccupation face à la persistance et à l’extension de ce fléau sur l’ensemble du territoire national, soulignant les conséquences néfastes sur l’environnement, la sécurité nationale et l’économie.
En réponse, le Chef de l’État a donné des directives au Premier Ministre pour renforcer les mesures étatiques contre ce phénomène, notamment en responsabilisant les autorités administratives, traditionnelles et coutumières, ainsi que les Forces de Défense et de Sécurité. Des actions concrètes seront mises en place, telles que le renforcement de la collaboration avec les représentations diplomatiques des pays d’origine des orpailleurs illégaux et l’application stricte des lois répressives.
L’ONG Opinion Éclairée, qui œuvre pour les droits des femmes, des filles et des jeunes dans leur diversité, salue cette prise de conscience des autorités ivoiriennes. Cependant, elle rappelle que l’orpaillage illégal a des répercussions particulièrement graves sur cette partie essentielle de la population.
Une étude réalisée par des chercheurs de l’Université Peleforo Gon Coulibaly a révélé les conséquences sociales de l’orpaillage clandestin, notamment l’exploitation sexuelle et l’insécurité alimentaire, des préoccupations majeures dans un secteur où les femmes sont majoritaires. En outre, une étude de 2016 de l’ONG Action pour la Protection des Droits de l’Homme (APDH) avait déjà alerté sur les dangers liés à l’utilisation du mercure et du cyanure dans l’orpaillage, qui dégrade les sols et rend les terres impropres à l’agriculture, aggravant ainsi la vulnérabilité des femmes rurales.
L’orpaillage illégal impose donc aux femmes rurales un triple fardeau : celui de la pauvreté, des impacts climatiques et du patriarcat.
Le nouveau code de l’environnement ivoirien, adopté en 2023, a introduit des mesures spécifiques pour prendre en compte les enjeux de genre face aux risques écologiques. De plus, l’Objectif de Développement Durable 5 (ODD 5) des Nations Unies, la Convention sur l’Élimination de toutes les formes de Discrimination à l’Égard des Femmes (CEDEF), ainsi que l’Agenda 2063 de l’Union Africaine, imposent un suivi rigoureux des indicateurs sociaux et économiques liés aux femmes.
C’est pourquoi, en tant qu’organisation de la société civile engagée pour une justice climatique féministe, l’ONG Opinion Éclairée appelle les autorités ivoiriennes, les collectivités et les partenaires techniques et financiers à prendre en compte les points suivants :
– Reconnaître et genrer l’impact de l’orpaillage en intégrant une analyse féministe dans toutes les politiques et réponses.
– Protéger et réparer les communautés affectées, en accordant une priorité d’accès aux femmes cheffes de famille et aux coopératives agricoles de femmes.
– Garantir la participation des femmes, des filles et des jeunes à toutes les décisions relatives à la gestion des ressources minières et à l’adaptation climatique locale.
À l’ONG Opinion Éclairée, nous affirmons que notre démarche en faveur d’une justice climatique féministe ne s’oppose pas au développement. Au contraire, nous nous opposons à un modèle extractif qui sacrifie les droits des femmes et les écosystèmes.
La Présidente
De Laure Nesmon PIE
Contacts : +225 2722248112 et opinion.eclairee2019@gmail.com










