Au Sénégal, le modèle de développement économique et d’exploitation des ressources naturelles fait face à une contestation grandissante des populations locales. Au cœur de cette mobilisation, Synergie pour le Développement Durables (Syndev) mène un combat frontal pour la protection des droits des communautés impactées par les grands projets d’infrastructure et d’extraction.
La confiscation des zones de pêche : l’exemple de JATARA
L’une des illustrations les plus criantes de cette crise réside dans le secteur de la pêche artisanale. S’exprimant sur la situation alarmante des pêcheurs sénégalais, Aly Marie Sagne, Directeur Exécutif de SynDev, pointe du doigt les conséquences directes de l’implantation des géants énergétiques sur les moyens de subsistance des acteurs locaux :
« Des milliers de pêcheurs sont privés de leurs sources de revenus à cause de la confiscation de JATARA par BP. Les communautés ont le droit de dire non à des projets et à des politiques de développement qui impactent négativement leurs moyens de subsistance », a martelé le Directeur Exécutif de SynDev
Face à ce constat, SynDev revendique un véritable droit de veto environnemental et social pour les populations locales. Pour le dirigeant de l’ONG, les communautés doivent impérativement conserver le droit de dire non à tout projet ou politique de développement qui menace leurs moyens de subsistance. Ce principe s’appuie sur la nécessité d’obtenir le consentement libre, informé et préalable des habitants, afin de garantir que les métiers traditionnels comme la pêche, l’agriculture ou l’élevage ne soient pas sacrifiés sur l’autel de retombées économiques exclusives.
Ce plaidoyer en faveur d’une justice sociale et environnementale envoie un message clair aux décideurs politiques et aux multinationales : un développement authentique ne pourra jamais se bâtir sur la destruction des droits des communautés locales.
Augustin Tapé, journaliste spécialisé en genre et Sauvegardes sociales en Côte d’Ivoire.











