Face à la persistance des Violences Basées sur le Genre (VBG) en Côte d’Ivoire, où plus de 10 747 cas ont été pris en charge en 2025 selon le Ministère de la Femme, la qualité de la première réponse téléphonique est devenue un enjeu crucial. Pour optimiser cet accompagnement vital, les organisations Leadafricaines et PsyTrotter ont joint leurs expertises ce mercredi 22 juillet 2026, lors d’un atelier de renforcement de capacités des agents du 143.
Organisée au siège de la ligne d’appel 143, sis à l’INSP d’Abidjan, cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Voix Essentielle » porté par Leadafricaines et bénéficiant du soutien financier de SpeakUp Africa. Elle a regroupé une trentaine de participants, parmi lesquels des agents d’écoute, des psychologues et des superviseurs de la ligne 143, ainsi que des représentants du Programme National de Santé Mentale (PNSM).
Professionnaliser la première écoute face à la détresse
Pour KADI Tanou, présidente de Leadafricaines, l’objectif principal de cette formation était de doter les intervenants d’outils adaptés pour gérer avec professionnalisme et empathie les spécificités des cas de VBG. L’accent a été mis sur une approche centrée sur la survivante, reposant sur des principes éthiques stricts : la confidentialité, la sécurité, le consentement éclairé et la non-discrimination.
La session technique a été animée par le Dr Nour Bakayoko, psychologue et expert en VBG, qui a guidé les agents à travers les nuances complexes de la prise en charge psychologique et du référencement vers les structures spécialisées.
Un maillon essentiel du dispositif national
La ligne d’appel 143, rappelons-le, est un dispositif national d’écoute en santé mentale, accessible gratuitement à toute la population. Elle joue un rôle de sentinelle et d’aiguillage indispensable pour les personnes en situation de vulnérabilité, y compris les victimes de violences. Mme NIAMIEN JULIETTE, cheffe de service du centre d’appel 143, a salué la tenue de cette formation.
Vers un soutien infaillible sur tout le territoire
L’ouverture de l’atelier a également été marquée par l’intervention de M. Kouadio Williams, représentant la directrice du Programme National de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (PNLVBG). Il a souligné l’engagement du gouvernement dans ce combat et salué la synergie d’action entre les acteurs de la société civile et les institutions publiques.
Alternant exposés interactifs, études de cas et jeux de rôle, l’atelier a permis aux professionnels d’affiner leurs techniques d’écoute psychosociale de premier niveau et de fluidifier le parcours des victimes. Une initiative concrète qui vise à briser les silences et à garantir un accompagnement de qualité sur toute l’étendue du territoire ivoirien.
Augustin Tapé, journaliste spécialisé en Genre








