Le coup d’envoi de la 10e édition des Journées nationales du cacao et du chocolat (Jncc) a été marqué par une annonce très attendue. Le mardi 1er septembre 2026, au Parc des expositions de Port-Bouët, le ministre de l’Agriculture, du développement durable et des Productions vivrières, Bruno Koné Nabagné, a officiellement fixé le prix d’achat du kilogramme de café bord champ à 1 300 FCFA, et celui du cacao à 1 200 FCFA.
Placée sous le thème « Jeunesse et cacaoculture du futur », cette édition qui se déroule du 1er au 3 septembre 2026 place le renouvellement générationnel au cœur des priorités stratégiques du pays.
Moderniser la filière et attirer la jeunesse
Devant un parterre de producteurs, d’experts et de partenaires, le ministre a salué la contribution essentielle des 1,2 million de cacaoculteurs qui font de la Côte d’Ivoire le premier producteur mondial. Rendant un vibrant hommage à ces hommes et femmes, il a toutefois insisté sur l’urgence de moderniser le secteur pour le rendre plus attractif aux yeux des jeunes.
« Pendant trop longtemps, l’agriculture a été perçue comme une activité pénible et peu valorisée. Nous devons changer cette perception afin de garantir l’avenir de notre agriculture », a martelé Bruno Koné, soulignant que la jeunesse doit pleinement s’emparer de cette première richesse nationale.
Entre défis structurels et ambitions de transformation
Le membre du gouvernement n’a pas occulté les embûches qui fragilisent la filière. Le secteur fait face à de multiples crises : les impacts du changement climatique, le vieillissement des vergers, la propagation de maladies telles que le swollen shoot, la dégradation des sols, ainsi que la menace persistante de l’orpaillage illégal sur les terres arables. A cela s’ajoutent la faible mécanisation, les difficultés d’accès au financement pour les jeunes et les contraintes accrues des marchés internationaux en matière de durabilité.
Pour y répondre, le gouvernement entend s’appuyer sur le Plan national de développement (PND) 2026-2030, impulsé par le président Alassane Ouattara. L’objectif affiché dépasse la simple course aux volumes de production : il s’agit de basculer vers une logique de création de valeur ajoutée. Le ministre a réaffirmé la volonté d’accroître la transformation locale des fèves en beurre, poudre, masse et chocolat directement sur le territoire national.
Leçons de la crise et traçabilité renforcée
Évoquant la campagne écoulée, marquée par une forte volatilité et un effondrement brutal des cours mondiaux, Bruno Koné a salué la résilience de la chaîne de valeur, des producteurs aux coopératives en passant par le Conseil du Café-Cacao, tout en rappelant les mesures d’atténuation déployées pour protéger les exploitants.
Autre fait saillant de cette rentrée de campagne : la mise en œuvre effective du Système national de traçabilité. Désormais, l’utilisation de la carte du producteur est rendue obligatoire pour toutes les opérations de commercialisation. Une réforme clé pour sécuriser les revenus des paysans, moraliser le circuit de vente et répondre aux exigences de transparence exigées par les marchés extérieurs.
En clôturant son allocution, le ministre a appelé à l’union sacrée de tous les acteurs pour bâtir une cacaoculture résiliente et prospère : « Le cacao est un héritage. A nous de le rendre attractif pour les jeunes afin d’en assurer la pérennité. »
A.T










