Retour « imminent » de Paul Biya (93 ans) : le Cameroun sous tension, l’opposition crie au vide juridique

Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi, a tenté de rassurer ce 2 août 2026 sur RFI : le président Paul Biya, absent du Cameroun depuis près de deux mois, est en vie et son retour est proche. Une annonce qui tente de mettre fin aux bruits de couloir sur une éventuelle vacance du pouvoir, un scénario agité avec force par une opposition de plus en plus inquiète pour la continuité de l’État.

Des personnalités comme Jean-Michel Nintcheu et l’UDC demandent des comptes aux institutions. Ils pointent du doigt une gestion à distance du pays et pressent le Conseil constitutionnel de réagir, arguant que le silence et les suppositions mettent en péril la stabilité nationale.

Face à la grogne, la Constitution camerounaise fournit un cadre précis. L’article 6, alinéa 4, prévoit qu’en cas d’empêchement définitif du Chef de l’État, le pouvoir est transféré à la tête du Sénat, actuellement Aboubakary Abdoulaye, ou à sa suppléante, Naomie Mikel Bégala épouse Akono. Le Conseil constitutionnel doit d’abord constater cette vacance, ouvrant la voie à une élection anticipée sous 120 jours. La Loi fondamentale impose toutefois des garde-fous : le président par intérim ne peut ni modifier la Constitution, ni changer le gouvernement, ni recourir au référendum, et ne peut pas se porter candidat à la présidentielle organisée pour le remplacer.

Augustin Tapé

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