Climat et éducation : l’Unicef alerte sur 171 millions d’enfants perturbés en 2025, les filles en première ligne

L’Unicef tire la sonnette d’alarme. L’agence onusienne a révélé le jeudi 10 septembre que 171 millions d’enfants ont vu leur scolarité perturbée en 2025, les filles étant les premières victimes des catastrophes climatiques.

Si la crise climatique frappe la planète entière, le fossé se creuse cruellement entre les nations : les trois quarts des élèves pénalisés vivent dans des pays à faible revenu, cruellement dépourvus d’alternatives pour assurer la continuité pédagogique. L’Unicef met en garde contre ce déséquilibre structurel, carburant des inégalités mondiales et frein majeur à la croissance de pays déjà minés par la baisse de productivité de leur main-d’œuvre.

Au-delà de l’année scolaire sacrifiée, l’agence onusienne chiffre à au moins 172 milliards d’euros le manque à gagner salarial qui pèsera, tout au long de leur vie active, sur ces enfants touchés par le climat en 2025. Une saignée financière qui s’engouffre dans une brèche éducative déjà béante : rappelons que deux tiers des enfants de dix ans sur le globe restent incapables de déchiffrer et de comprendre un texte simple.

Les répercussions se révèlent en outre discriminatoires. Déjà souligné par un précédent rapport de l’Unicef portant sur 2024, le poids de ces crises pèse lourdement sur les filles, exposées à un risque amplifié de décrochage scolaire et de violences genrées au lendemain des catastrophes (le Bangladesh, le Mozambique et les Philippines figurant parmi les épicentres des vagues de chaleur, cyclones et inondations à répétition).

Pour parer à cette urgence, l’Unicef exhorte les gouvernements à changer de paradigme : plutôt que de jouer les pompiers après chaque drame, il s’agit d’investir massivement en amont en bâtissant des écoles résilientes et en instaurant de véritables protocoles d’apprentissage d’urgence.

Une sonnette d’alarme d’autant plus vitale que l’année 2026 s’annonce, d’après Jodie Soret, encore plus tumultueuse sous l’effet d’El Niño, propice à des tempêtes dévastatrices. Sans réponses structurelles immédiates, chaque nouvelle catastrophe rapproche un peu plus des millions de fillettes d’un point de non-retour, les éloignant définitivement des bancs de l’école.

Augustin Tapé, journaliste spécialisé en genre et sauvegardes sociales

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