Face aux risques d’instabilité, la Semaine régionale sur les Femmes, les Jeunes, la Paix et la Sécurité s’est achevée à Abidjan. Au cœur des résolutions : l’adoption de l’Appel d’Abidjan, une feuille de route qui place l’autonomisation financière et l’insertion professionnelle au centre de la prévention des conflits.
Réunis au siège de la Banque africaine de développement (BAD), près de 150 décideurs politiques, représentants de l’UNOWAS, d’ONU Femmes, de l’Union africaine et de la CEDEAO ont validé l’Appel d’Abidjan. Ce texte stratégique repose sur une conviction partagée par l’ensemble des acteurs : l’exclusion économique constitue le principal terreau de l’instabilité sous-régionale.
Face à un déficit annuel de financement du développement estimé entre 90 et 100 milliards de dollars, l’Appel d’Abidjan définit une série de mesures prioritaires. Le texte préconise d’abord une augmentation massive des investissements ciblés dans les zones rurales, frontalières et touchées par les conflits afin de favoriser l’emploi des jeunes et l’autonomisation des femmes.
Sur le plan du capital humain, la feuille de route met l’accent sur le renforcement des formations techniques, professionnelles et numériques pour mieux répondre aux exigences du marché du travail. Elle appelle également les institutions financières à déployer des mécanismes innovants facilitant l’accès au crédit, aux marchés et aux chaînes de valeur pour les TPE et PME dirigées par des femmes et des jeunes. Enfin, l’accord insiste sur la nécessité de renforcer leur participation aux instances décisionnelles et aux processus de paix.
Parfaitement aligné sur les résolutions de l’ONU, l’Agenda 2063 de l’UA et le PND 2026-2030 ivoirien visant plus de 3 millions d’emplois formels, ce rassemblement s’est conclu sur un appel unanime à l’urgence opérationnelle. « La paix durable commence là où recule l’exclusion », a rappelé Nasseneba Touré, ministre ivoirienne de la Femme, soulignant la volonté commune de transformer immédiatement ces engagements en actions concrètes sur le terrain.
Augustin Tapé











