Dans les régions minières de Côte d’Ivoire, l’exploitation aurifère artisanale et semi-industrielle est souvent synonyme de dégradation environnementale et de tensions économiques. Face à ce défi complexe, des voix d’experts s’élèvent pour proposer une alternative pragmatique. C’est le combat de Mamadou Koné, géologue indépendant et acteur de terrain résolument engagé pour la préservation de l’environnement et l’avenir des jeunes générations.
Un parcours guidé par la science et le terrain

Diplômé d’une licence professionnelle en sciences de la terre et des ressources minérales obtenue entre 2013 et 2016 à l’Université Tertiaire et Technologique du Groupe Loko, Mamadou Koné a choisi de mettre son expertise au service de sa région, avec un focus particulier sur la localité de Kouto.
Fonctionnant entièrement sur fonds propres et en toute indépendance, il arpente les zones minières pour porter un message clair : l’orpaillage clandestin met en péril les écosystèmes et l’économie locale, mais des solutions durables existent.
« Je n’ai pas de combat politique, j’apporte juste des solutions pour protéger l’avenir des jeunes générations et la gestion de l’environnement ! Je suis indépendant et je fonctionne sur fonds propres, donc je ne me bats pour quelqu’un, juste pour harmoniser l’environnement des petites mines », confie-t-il avec conviction.
Sensibilisation et formalisation : la force du contact direct
Pour Mamadou Koné, Gérant Fondateur chez GEOMINES ASSISTANCE SARL, le contact direct avec les acteurs de terrain demeure la clé de voûte de toute transformation durable. À travers son bureau d’assistance géologique et technique, il aide les populations locales à structurer leurs activités dans la légalité.

Grâce à ses actions de sensibilisation, les mentalités évoluent. Des coopératives ont vu le jour. Des fils et filles de la région, ainsi que de la diaspora, ont pris conscience de la nécessité d’obtenir des autorisations officielles. Et, de plus en plus d’acteurs choisissent de travailler dans le strict respect des normes étatiques.
Repenser l’approche face à l’orpaillage clandestin
Analysant les réalités socio-économiques des zones minières, souvent enclavées et touchées par la pauvreté dans un contexte mondial d’inflation et d’instabilité, Mamadou Koné plaide pour un changement de paradigme institutionnel. Selon lui, la simple répression ne saurait suffire face à des populations prêtes à tout pour survivre grâce à l’or découvert dans leurs champs.
« Pour véritablement limiter l’impact négatif de l’orpaillage clandestin, il faut que la répression laisse place à une communication d’encadrement technique et de sensibilisation sur le suivi et le contrôle thématique local ! Sinon, nous n’aurons pas le choix que d’observer ce qui ne plaît pas à nos attentes, entre protection de l’environnement et pertes économiques », prévient-il.
Pour l’expert indépendant la solution se trouve autour de ces mots clés : Identifier les acteurs, sensibiliser, encadrer suivre, contrôler et sécuriser !
En unissant rigueur scientifique, dialogue de proximité et respect de l’environnement, Koné Mamadou trace la voie d’une exploitation minière responsable en Côte d’Ivoire, conciliant l’amélioration des conditions de vie des populations locales et la sauvegarde du patrimoine naturel pour les générations futures.
Augustin Tapé, journaliste spécialisé en genre et Sauvegardes sociales











