Le CONAD-CI a présenté, le vendredi 23 octobre 2026, à son siège, à Abobo, son rapport d’enquête sur la prévention des risques liés au blanchiment de capitaux et au financement du terrorisme (LBC/FT), réalisée auprès des OSC d’avril à juillet 2026.
Selon Tall Lacina, Pca du CONAD-CI, l’organisation a pris part à plusieurs ateliers régionaux, notamment à Lagos, axés sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. À l’issue de ces rencontres, il est apparu nécessaire de mener une enquête nationale afin d’évaluer le niveau de connaissance des organisations de la société civile (OSC) sur ces enjeux et d’identifier les défis auxquels elles font face.

Ce rapport, présenté par Mme Aïdara Fateme Ouattara, chargée de programmes au RAIDH, analyse les dispositifs de transparence et de prévention du blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme (LBC/FT) au sein des organisations de la société civile (OSC) en Côte d’Ivoire. Menée entre avril et juillet 2026, l’enquête a touché dix-sept organisations.
L’étude montre qu’en matière de conformité juridique, la quasi-totalité des structures dispose d’un siège, d’un cadre statutaire et de comptes bancaires. Cependant, des failles subsistent : une large majorité ne transmet pas régulièrement ses rapports à la DGAT et près de la moitié manque de politiques formalisées de gestion des conflits d’intérêts ou de LBC/FT. De plus, le personnel est majoritairement non formé pour identifier des opérations suspectes, et la collaboration avec les institutions de contrôle (comme la CENTIF ou le CILAD) demeure très faible.
Face à ces vulnérabilités, le rapport recommande d’instaurer des codes de conduite, de formaliser des politiques de conformité internes, de renforcer les formations du personnel et d’intensifier le dialogue entre les OSC et les autorités compétentes afin de garantir une intégrité financière accrue dans le secteur associatif ivoirien.
Invitée à cette activité, la CENTIF a fort apprécié le contenu du travail et promis son soutien. « Simplement, nous allons accompagner ces personnes pour améliorer et avoir un document final qui sera utile à tout le monde. Nous réalisons qu’il y a beaucoup d’efforts à faire en matière de communication et de sensibilisation, mais ce n’est pas parce que les ONG ne veulent pas le faire ou rester en marge, c’est juste qu’il faut un effort commun. Donc, nous allons les accompagner comme il faut pour que la lutte contre le blanchiment de capitaux prenne une autre dimension et atteigne l’objectif que l’Etat recherche », a indiqué Renaud Stéphanie, contrôleur LP-CFT et représentant du président de la CENTIF, Général Touré Idrissa.
Quant à Toe Traoré Djarhatou, assistante communication, au centre d’information d’Abidjan du Groupe Intergouvernemental d’Action contre le Blanchiment d’Argent en Afrique de l’Ouest(GIABA), elle a relevé l’intérêt pour la société civile se rapprocher plus des autorités compétentes telles que la DGAT et le CILAD afin de connaître les mécanismes qui sont mis en place au niveau étatique et au niveau sous régional et international pour les éviter d’être dans la vulnérabilité.
Augustin Tapé












