À l’initiative du Groupe de Plaidoyer pour une Gouvernance Électorale Inclusive (GPGEI), expertes, présidentes d’ONG et femmes politiques se sont réunies au siège du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH) à Cocody pour un grand « Dialogue des Femmes Leaders sur la Réforme Électorale ».

Face à ce parterre de femmes leaders, à l’ouverture des travaux de reflexion, Marie-Flore Begou, présidente du GPGEI, a réaffirmé l’urgence de passer des discours aux actes en formulant des propositions concrètes pour des élections plus équitables, apaisées et inclusives. Rappelant que l’implication des femmes aux instances de décision constitue un droit fondamental et une exigence de justice sociale, elle a appelé à une solidarité accrue pour transformer ce rendez-vous en un moteur durable de l’action collective et démocratique. « Une démocratie ne peut être véritablement inclusive lorsque les femmes sont absentes des espaces de décision. Leur participation n’est pas seulement une question de représentation, elle est une exigence de justice, d’équité et de développement démocratique », a-t-elle martelé.
En soutien à cette dynamique, l’un des partenaires institutionnels, la Concertation Interpartis pour des Elections Démocratiques (CIED), par la voix de son président, Dr Blé NORLANDER, a invité au renforcement du dialogue entre femmes politiques et femmes de la société civile.

Pour sa part, le président du CNDH, Dr Adjélou Christian Arnaud a salué l’initiative de cette rencontre sur le leadership féminin, déplorant la sous-représentation des femmes aux postes de responsabilité en Côte d’Ivoire par rapport à d’autres pays. Il a exhorté les femmes à s’engager durablement hors des périodes électorales, à communiquer activement sur leurs actions et à s’adresser directement aux autorités. Réaffirmant le soutien total du CNDH pour porter leur plaidoyer, il a annoncé la mise en place de rendez-vous mensuels pour valoriser l’expertise des femmes, promouvoir des œuvres littéraires et offrir une tribune pérenne aux talents féminins.
Avant d’ouvrir les débats lors d’un panel, une leçon inaugurale a été prononcée par Dr Yoli Bi Koné, Docteure Honoris Causa, une personnalité ivoirienne de référence, dont l’engagement et l’expertise s’articulent autour des questions de genre, de gestion et de prévention des conflits ainsi que de gouvernance électorale.
Selon l’experte, malgré son poids démographique et sa majorité sur la liste électorale, la femme ivoirienne reste minoritaire dans les instances de décision et les processus électoraux, loin du seuil critique des 30 %. Pourtant, son implication active est indispensable pour garantir des scrutins transparents et apaisés.
S’appuyant sur son expérience personnelle, elle a démontré l’impact déterminant de femmes occupant des postes clés pour faire respecter les quotas et corriger les inégalités. Enfin, elle a exhorté les femmes à s’unir par-delà les clivages politiques, à s’engager avec rigueur et à encadrer la jeune génération.

Un panel axé sur de la réforme électorale, animé par Mme Sopou Paule Ginette épouse Séka, Conseillère au Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) et Présidente du réseau Les Forces Unies de Côte d’Ivoire et Mme Sidibé Aoua Dao, une dirigeante publique ivoirienne, experte en éducation et actrice engagée de la gouvernance locale et environnementale et présidente du réseau des femmes engagées et dynamiques(RAFED). Les participantes ont croisé leurs visions sur les contours du prochain organe électoral.
Dans le prolongement de ces travaux, des propositions concrètes seront finalisées dans les semaines à venir, s’appuyant sur l’ébauche de la déclaration finale des femmes leaders politiques et de la société civile pour garantir une gouvernance électorale inclusive, participative respectueuse de l’égalité de genre en côte d’ivoire.
Augustin Tapé











