Pascale Guéi-Ecaré a marqué l’histoire de la finance en Côte d’Ivoire en devenant, en janvier 2024, la première femme et la plus jeune présidente de l’Ordre des experts-comptables (OEC-CI). Son accession à la tête de cette institution traditionnellement masculine a brisé un plafond de verre tenace. Cependant, la dirigeante refuse de limiter son action à cette seule dimension, affirmant que la compétence prime sur le genre. Guidée par des valeurs de rigueur et d’excellence, elle promeut une gouvernance fondée sur l’écoute, la pédagogie et une « audace mesurée ».

En deux ans de mandat, le Conseil dirigé par Pascale Guéi-Ecaré a initié des réformes majeures pour aligner l’expertise comptable ivoirienne sur les standards internationaux. La mise en place effective du contrôle qualité au sein des cabinets depuis avril 2025 constitue une étape charnière de cette transformation. Malgré les appréhensions initiales face au changement, l’Ordre a privilégié la concertation, la présidente ayant donné l’exemple en soumettant son propre cabinet au contrôle dès la première vague.
Parallèlement, la digitalisation est devenue un levier stratégique. Sous son impulsion, l’institution a développé une plateforme numérique pour l’émission du visa des états financiers et accompagne la profession vers l’adoption de l’intelligence artificielle et de la data science. L’objectif est de libérer les experts-comptables des tâches répétitives pour renforcer leur rôle de conseillers stratégiques.

L’ambition de Pascale Guéi-Ecaré dépasse les frontières nationales. Après avoir présidé le Conseil Permanent de la Profession Comptable de l’UEMOA et accueilli un congrès conjoint d’envergure à Yamoussoukro, elle continue de promouvoir le savoir-faire ivoirien dans l’harmonisation régionale des pratiques comptables.
Augustin Tapé, journaliste spécialisé en genre










