Le constat est alarmant. On a une sous-représentation chronique des femmes dans les instances de décision, affichant péniblement 18 % au gouvernement, 13 % à l’Assemblée nationale et 6 % dans les conseils régionaux, loin des 30 % visés par la loi de 2009. Face à cette situation l’organisation « Vivre Sans Violence » passe à l’offensive.
Dans le cadre de son projet « Vision et Engagement des Femmes dans la Société Ivoirienne », un ambitieux programme de formation en sciences politiques, avec pour partenaire technique et financier Rosa-Luxemburg-Stiftung, a été lancé officiellement le vendredi 24 juillet 2026 au siège d’Amnesty International à Abidjan. Cette initiative vise à préparer et outiller 200 femmes débutantes en vue des prochaines échéances électorales de 2028. « Ce programme, pour favoriser l’inclusion des femmes dans les sphères de décision, dans les sphères publiques, mais surtout susciter la construction d’une masse critique de femmes pouvant influencer les politiques publiques et surtout les décisions dans les communautés, dans les localités où elles vivent. Le profil de femmes, ce sont des femmes qui sont actives, dynamiques, influentes dans leur région, dans leur communauté, des femmes qui sont leaders d’association, des femmes qui sont militantes politiques, des femmes qui ont envie de s’engager en politique, mais qui ont peur, des femmes qui se sont déjà engagées parce qu’elles ont été candidates indépendantes, suppléantes ou candidates pour le compte d’un parti politique, toutes ces femmes-là qui ont fait une première expérience et qui ont vu que ce n’était pas facile, parce qu’elles ne se sont pas préparées.», a précisé Kouakou Nathalie, présidente de « Vivre Sans Violence ».

Elle a saisi l’occasion de cette tribune pour « encourager les femmes à venir se faire former, d’encourager les femmes à ne plus avoir peur de la politique, encourager toutes les femmes qui ont envie mais qui ont peur de venir participer à ce programme, encourager celles qui sont déjà en politique mais qui savent qu’elles ont des lacunes à combler ».
Au cours de cette activité, une conférence inaugurale a été dite par Josiasse Assemon, politiste, créateur de contenu, Blogueur Youtubeur socio-politique et Chroniqueur sur la Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI). Le conférencier a fait un long exposé sur l’« Histoire politique de la Côte d’Ivoire de 1960 à 2025 » afin de mieux faire comprendre aux femmes présentes les enjeux de la sphère politique dans laquelle elles s’engagent ou souhaitent s’engager.

Porté par une dynamique de solidarité agissante et la création d’alliances stratégiques, le programme comprend un suivi personnalisé ainsi que la mise en place d’un « Caucus des femmes politiques » (2027-2028). L’objectif est clair : forger des leaders aguerries, dotées d’une forte conscience citoyenne et communautaire, pour faire des Ivoiriennes des actrices incontournables de la démocratie.
Augustin Tapé, journaliste spécialiste en Genre









