« Tanties-bagages, le drame silencieux » : l’AILV brise le tabou des abus sur les mineures dans les marchés d’Abidjan

Mené du 15 mai au 15 août 2026 par l’Association Internationale de Lutte contre les Violences (AILV), le projet « Tanties-bagages » jette une lumière crue sur l’exploitation et les violences sexuelles subies par les jeunes filles porteuses de charges. Une initiative d’envergure soutenue par le consortium PASCI (Save the Children, CERAP, Social Justice) et l’Union Européenne.

 Un drame au cœur des marchés

Tout est parti d’une étude diagnostique menée en 2022 par l’AILV dans quatre marchés du district d’Abidjan. Le constat dressé par l’ONG fait état d’une réalité alarmante : ces petites porteuses de charges, communément appelées « tanties-bagages », tombent très tôt dans les filets de prédateurs sexuels. Si les abus débutent par des attouchements dès l’âge de 8 ans, les relations sexuelles forcées ou sous contrainte s’installent dès l’âge de 11 ans, compromettant irrémédiablement leur avenir et leur droit à l’éducation.

Face à ce silence coupable, l’AILV a choisi d’agir en combinant investigation journalistique et mobilisation de terrain pour interpeller la conscience collective.

De la sensibilisation de masse au plaidoyer institutionnel

Durant ces quatre mois d’activités intenses déployées dans les communes d’Adjamé, de Port-Bouët 2 et de Yopougon, plusieurs actions concrètes ont été menées pour mobiliser les usagers, les commerçants, les leaders communautaires et les autorités :

Un film documentaire choc : Diffusé sur les plateformes numériques de l’association (YouTube, TikTok, X), ce format met en perspective le quotidien de ces fillettes, les témoignages poignants de commerçants et de femmes leaders, ainsi que les rêves d’avenir portés par les « tanties-bagages » elles-mêmes.

Des actions de terrain d’envergure 

Le 22 juillet, une vaste campagne menée à l’aide de mégaphones dans quatre grands marchés de Yopougon (Siporex, Sicogi, Bagnon et Lubafrique) a permis de sensibiliser directement plus de 2 000 personnes, en collaboration avec le Centre social local.

Un contact direct avec les victimes : Le 14 août 2026, des descentes de proximité ont touché les ménages et permis un échange direct avec 202 jeunes filles porteuses de charges. À cette occasion, des flyers et supports visuels intégrant les numéros d’urgence (le 1308 du Ministère de la Famille, le 116 du PNLVBG et le 1324 de Save the Children) ont été largement distribués.

Une synergie d’acteurs pour la protection de l’enfance

Porté sur le plan institutionnel avec l’appui du Programme National de Lutte contre les Violences Basées sur le Genre (PNLVBG), ce projet démontre l’urgence d’une prise de conscience sociétale. Lutter contre le phénomène des « tanties-bagages » ne relève pas seulement de la protection de l’enfance, c’est exiger que les bancs de l’école priment sur la dureté des marchés, redonnant ainsi aux filles le droit fondamental de rêver et de grandir en toute sécurité.

 

M.Z

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *