Côte d’Ivoire : Dah Sansan Dihignité souhaite une « nouvelle étape de la maturité démocratique »

​Dans un entretien accordé à la presse ce 14 septembre 2026, le président de la Mission des consciences citoyennes (Micoci), Dah Sansan Dihignité, est revenu sur la restructuration de son organisation, les réformes électorales en cours et les défis socio-économiques auxquels fait face la jeunesse ivoirienne.
Une réorganisation stratégique après l’élection présidentielle de 2025
​Créée en 2021 pour promouvoir une « jeunesse de valeurs » et renforcer la culture républicaine, la Micoci aborde un tournant majeur. Après les tensions de l’élection présidentielle d’octobre 2025, le mouvement a privilégié une phase de restructuration interne. Dah Sansan Dihignité annonce la tenue d’une Assemblée générale en novembre 2026 afin de fixer les orientations futures et de trancher les questions de gouvernance, à mi-parcours de son mandat.


​Réforme de l’organe électoral : un enjeu de confiance
​Revenant sur la dissolution de la Commission Électorale Indépendante (CEI) en mai 2026, le président de la Micoci salue la décision du gouvernement d’instaurer un nouveau mécanisme de gestion des scrutins. Tout en soulignant que la défunte CEI ne portait pas seule la responsabilité des tensions passées, il plaide pour un dialogue élargi afin de bâtir une institution perçue comme crédible et impartiale par l’ensemble des citoyens. Il appelle également à dépasser les logiques de confrontation partisane au profit d’un débat politique axé sur les idées.
​Emploi des jeunes et lutte contre l’orpaillage clandestin
​Sur le plan économique, le leader citoyen reconnaît les dispositifs étatiques visant à accompagner plus de 152 000 jeunes en 2026. Il rappelle néanmoins que face à l’arrivée annuelle de 300 000 à 400 000 jeunes sur le marché du travail, l’employabilité doit dépasser les plans quinquennaux pour faire l’objet d’une planification politique à long terme.
​S’agissant de l’orpaillage clandestin, Dah Sansan Dihignité soutient le renforcement des mesures sécuritaires et l’implication des chefferies traditionnelles, tout en demandant une prise en compte des facteurs socio-économiques qui poussent la jeunesse vers ces activités informelles.
Un message axé sur la responsabilité citoyenne
​À l’approche de la rentrée scolaire, le président de la Micoci a exhorté les élèves à faire de l’école un apprentissage de la liberté et de la citoyenneté, tout en invitant les parents à maintenir un cadre éducatif fort. En conclusion, il a appelé la jeunesse à sortir de la résignation et de la victimisation pour s’investir de manière active dans la préservation de la paix.

Augustin Tapé

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